*Mark Carney ne fait pas semblant d’aimer les pipelines*
Une entente qui vient de provoquer la démission du ministre Steven Guilbeault, qui était peut-être le dernier rempart environnemental dans ce gouvernement. Une entente qui range désormais le Parti libéral résolument du côté de ceux qui sont prêts à sacrifier l’environnement au nom de l’économie.
Jusqu’à la dernière minute, j’avoue avoir cru que M. Carney utilisait un truc, une manœuvre politique.
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En effet, ma thèse a un peu frappé un mur lorsque j’ai vu l’immense sourire de la première ministre albertaine, Danielle Smith, en conférence de presse jeudi, et que je l’ai entendue parler de « nouveau départ » et de « grande journée pour les Albertains ». La politicienne n’est pas du genre à lancer des fleurs au gouvernement fédéral pour rien, disons. Et elle semblait sincèrement ravie.
Puis, en fin d’après-midi, Steven Guilbeault a claqué la porte du Cabinet, montrant le sérieux de la chose.
Les experts que j’ai contactés m’ont ôté mes dernières illusions.
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Une autre preuve que Mark Carney est sérieux, c’est ce qu’il met sur la table. L’entente fait tomber une flopée de réglementations environnementales en Alberta.
Le plafond sur les émissions des secteurs pétrolier et gazier conçu par Steven Guilbeault, mais pas encore en vigueur, est suspendu. Mais aux yeux de Kathryn Harrison, professeure de sciences politiques à l’Université de Colombie-Britannique, ce qui fait le plus mal sont sans doute les délais sur les réductions de méthane, un gaz dégagé par les activités pétrolières et qui est encore plus nocif que le CO2 pour le climat. Steven Guilbeault avait accouché d’un règlement pour les abaisser de 75 % d’ici 2030. L’entente parle maintenant de faire la même chose « d’ici dix ans ».
« Il y a aussi l’abandon du Règlement sur l’électricité propre et ce qui semble être un signe de plus grande flexibilité dans la tarification du carbone industriel. J’ai l’impression que d’autres provinces feront maintenant la queue pour obtenir des concessions similaires », dit l’experte.
#cdnpoli
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À quel jeu Mark Carney joue-t-il ? C’est la question que je me suis posée lorsque j’ai vu le premier ministre signer une entente avec l’Alberta à propos d’un nouvel oléoduc vers la côte pacifique.
La Presse